CHRIS MARKER/JEAN-LUC GODARD/ALAIN RESNAIS/JEAN-PIERRE GORIN

Cinétracts (1968)
1968, B&W, 1h15.

« Les États généraux du cinéma naissent le 19 mai 1968. Ils réunissent jusqu’à 1500 personnes, professionnels ou non du cinéma, soucieuses de « faire politiquement des films politiques » , qui remettent en cause tous les aspects de la pratique cinématographique, production, réalisation, diffusion. Les États généraux servent de point de repère dans l’une des périodes les plus inventives formellement de l’histoire du cinéma : la propagation de ce que l’on pourrait appeler le Grand Style révolutionnaire. Inspiré des exemples soviétiques, des « Frontier Films » de Paul Strand et Leo Hurwitz, de Santiago Alvarez à Cuba ou de Fernando Solanas en Argentine, inspiré plus profondément encore par l’exemple héroïque du peuple vietnamien, un même style protestataire traverse les continents et fertilise une vague historique, les films de contre-information. Les Ciné-tracts, entreprise collective lancée par les États Généraux à l’initiative de Chris Marker, associent de nombreux protagonistes de l’avant-garde française, qu’ils soient cinéastes, peintres, photographes, acteurs ou techniciens : Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Gorin, Alain Resnais, Philippe Garrel, Jackie Raynal, Jean-Denis Bonan, Gérard Fromanger, Jacques Loiseleux et beaucoup d’autres. Chaque ciné-tract consiste à refilmer au banc-titre et sans montage des photographies de l’actualité en France et dans le monde, pour créer un petit poème visuel sur une bobine 16mm, soit 2 minutes 44. Les laboratoires étant en grève, une dérogation est accordée pour développer quand même les films de Mai parce qu’ils sont anonymes, collectifs et immédiats. Selon leur protocole, les ciné-tracts doivent « contester–proposer-choquer-informer-interroger-affirmer-convaincre-penser-crier-rire-dénoncer-cultiver « afin de » susciter la discussion et l’action. »
Nicole Brenez pour Court-circuit (le magazine), mars 2002.

« General State of Cinema born 19 May 1968 They bring together up to 1500 people, professional or not the film, anxious to » make political films politically « that challenge all aspects of film practice, production, achievement, diffusion. The States-General serve landmark in one of the most creative periods of formal film history: the spread of what might be called the Great revolutionary style. Inspired by Soviet examples, « Frontier Films » by Paul Strand and Leo Hurwitz, Santiago Alvarez in Cuba and Fernando Solanas, Argentina, inspired even more deeply by the heroic example of the Vietnamese people, one protester style crosses continents and fertilizes an historic wave films against information. The Cine-tracts, collective enterprise launched by the States General on the initiative of Chris Marker, involving many players in the French avant-garde, they are filmmakers, painters, photographers, actors and technicians: Jean-Luc Godard Jean-Pierre Gorin, Alain Resnais, Philippe Garrel, Jackie Raynal, Jean-Denis Bonan, Gerard Fromanger, Jacques Loiseleux and many others. Each film-tract is refilm bench title unedited photographs of current events in France and the world, to create a little visual poem about a 16mm coil or 2 minutes 44 laboratories being on strike, a exemption is granted to develop anyway films in May because they are anonymous, collective and immediate. According to their protocol, drive-tracts must « challenge-propose-shock- inform- questio- assert- convince- think- shout- laugh- report- grow « in order to » generate discussion and action. »

Nicole Brenez pour Court-circuit (le magazine), mars 2002.

« Pour expliquer le maniement d’un fusil, on peut faire un poème ou un tract. Mais c’est souvent plus efficace de faire un tract. »
Jean-Luc Godard

« To explain the handling of a gun, it can be a poem or a leaflet. But it is often more efficient to do a leaflet. « 

Jean-Luc Godard

JEAN-LUC GODARD/GERARD FROMANGER

Le Rouge- Film tract n°1968

« Le Rouge », Ciné-tract hors-série numéroté « 1968 », fruit de la collaboration entre le peintre Gérard Fromanger et Jean-Luc Godard, est la version filmique d’une affiche créée par Fromanger dans le cadre des Ateliers Populaires de l’Ecole des Beaux-Arts, d’où sortirent les emblèmes les plus célèbres de Mai 68. C’est aussi une « pointe » visuelle, une figure d’acuité, selon l’expression de Balthazar Gracian, jésuite espagnol aimé des Situationnistes. Et puis c’est un prêté pour un rendu, une réponse somme toute courtoise et rieuse à d’autres peintres engagés, Pommereulle, Erro et Stämpfli qui, en 1967, venaient d’organiser une exposition intitulée « la Peinture en action », et qui consistait non pas à montrer des tableaux mais à programmer des films de Fritz Lang, Eisenstein… et Godard.

« The Red » Ciné-tract special edition numbered « 1968 », a collaboration between the painter Gérard Fromanger and Jean-Luc Godard’s film version of a poster created by Fromanger as part of the Popular Workshops School of Fine Arts, from which came the most famous landmarks in May 68 It is also a « tip » visual acuity of a figure, in the words of Balthazar Gracian, Spanish Jesuit loved the Situationists. And it’s a tit for tat, an answer after all courteous and laughing with other painters committed Pommereulle, Erro and Stämpfli who in 1967 had organized an exhibition entitled « Painting work », and that was not to show pictures but to program films of Fritz Lang, Eisenstein … and Godard.

Nicole Brenez pour Court-circuit (le magazine),Mars 2002.

GROUPE MEDVEKINE

Groupes Medvedkine

(1969-1974)

13 films

1967, la grande grève de la Rhodiaceta à Besançon annonce déjà mai 68. Entre occupation d’usines et revendications spectaculaires pour l’époque, un groupe de cinéastes, dont Chris Marker en tête de file, filme des militants ouvriers.
Mais ces derniers ne se reconnaissent pas complètement à travers ce film et ne se privent pas de le dire. Chris Marker, et un certain nombre de cinéastes militants, décident de donner à ces ouvriers les moyens de prendre eux-mêmes la parole.
Chris Marker, Jean-Luc Godard, Bruno Muel et quelques autres, vont ainsi mettre du matériel à la disposition des ouvriers et les former aux techniques cinématographiques. Résultat : des films forts, des pamphlets parfois violents, souvent brillants et émouvants, réalisés entre 1967 et 1973 sous l’égide de l’infatigable et génial Pol Cèbe, ouvrier et bibliothécaire du CE.
Alexandre Medvedkine, encore vivant, est celui qui a créé le cinéma-train, méthode qui consistait à prendre le train, et à filmer la population rencontrée sur le trajet.

« Un train, un homme qui mettait le cinéma « entre les mains du peuple » (comme Medvedkine nous le dirait lui-même plus tard), cela avait de quoi faire rêver un demi cinéaste égaré dans cette jungle où le professionnalisme mondain et le corporatisme se rejoignent pour empêcher le cinéma de tomber entre les mains du peuple. J’ai donc passablement brodé sur le thème du « ciné-train », pour découvrir, en rencontrant Medvedkine, que tout ce que j’avais inventé était encore très au-dessous de la réalité. On se demande quelquefois ce qui a décidé un groupe d’ouvriers français, débutant précisément dans cette difficile entreprise de prendre le cinéma entre leurs mains, à choisir de se baptiser Groupes Medvedkine. Je suis heureux d’apporter pour la première fois une réponse historique à cette importante question. C’est exactement au moment où, racontant le ciné-train à Besançon en 67, l’année des grandes grèves, dans la cuisine de René Berchoud en compagnie de Georges, de Yoyo, de Daniel, de Pol, de Geo et de quelques autres, que j’ai cité Medvedkine : nous emmenions avec nous des cartons déjà tournés, pour insérer dans les films. Et il y en avait un que nous prenions en bobines entières, parce qu’il servait toujours, dans tous les films. Celui qui disait : « CAMARADES, ÇA NE PEUT PLUS DURER ! » (Chris Marker, « Le ciné-Ours – Revue du Cinéma – Image et Son », n°255, décembre 1971)

La jonction entre le monde de l’usine et l’univers de la création put s’opérer dans le cadre d’une association née au sortir de la guerre, Peuple et Culture. René Berchoud, animateur du Centre Culturel de Palente les Orchamps (banlieue ouvrière de Besançon), établit des liens privilégiés avec Chris Marker, qui vint notamment y tourner et présenter À bientôt, j’espère en 1967, Mais, comme en témoigne le débat enregistré dans le film La Charnière, les ouvriers ne se reconnurent pas dans le film co-signé par Chris Marker et Mario Marret. Naquit alors l’idée, révolutionnaire en son principe, de ne plus parler en lieu et place des ouvriers mais de leur donner les moyens de prendre eux-mêmes la parole. Grâce à l’initiative de SLON et de Chris Marker, au soutien logistique et physique de René Gautier, Joris Ivens, Mario Marret, Jean-Luc Godard, Bruno Muel, Antoine Bonfanti, Jacques Loiseleux, Michel Desrois, Nedjma Scialom, Théo Robichet, Ana Ruiz et bien d’autres, des pamphlets aussi violents que brillants sont réalisés à partir de 1967 sous l’égide de l’infatigable et génial Pol Cèbe, ouvrier et bibliothécaire du Comité d’entreprise, d’abord par des ouvriers de l’usine Rhodiacéta de Besançon, puis de l’usine Peugeot à Sochaux.
Citons le nom de quelques uns d’entre eux, ils sont la fierté de l’histoire du cinéma : Suzanne Zedet (l’héroïne de Classe de lutte), Georges Binetruy, Henri Traforetti, Georges Maurivard, Christian Corouge, René Ledigherer

Treize courts et moyens métrages, documentaires, fictions documentées, furent réalisés en 16mm. Classe de lutte (1969), la série Images de la Nouvelle Société (1969-1970) ou Sochaux 11 juin 68 (1970) accomplissent pleinement le projet ainsi défini par Bruno Muel : « montrer ce qu’il faut surmonter d’interdits culturels, on pourrait dire ‘usurper’ de savoir, pour se donner les moyens de lutter à armes égales contre ceux qui pensent que chacun doit rester à sa place ».

On peut y ajouter la Lettre à mon ami Pol Cèbe de Michel Desrois (1971), authentique road-movie révolutionnaire, puisque l’on y voit les techniciens Medvedkine (le réalisateur Michel Desrois, l’ingénieur du son Antoine Bonfanti et le photographe José They), réfléchir en toute liberté à leur pratique de cinéastes sur le trajet entre Paris et Lille avec une inventivité et une énergie libertaires dignes des meilleurs moments de Charlie Mingus.

Dans les films Medvedkine, la simple description des faits vaut pour une protestation, l’information vaut pour un appel, pas de propagande mais un permanent sentiment de révolte. On voit dans les films Medvedkine ce qu’aucun film industriel n’a jamais envisagé de montrer : la façon dont le travail abîme le corps, les affects, les rapports entre les êtres. La façon dont la vie tout entière est quadrillée par l’entreprise capitaliste, de la naissance à la mort. La façon dont les espoirs et les velléités de changement peuvent être facilement étouffés ou brisés. Comment un homme ne peut plus caresser sa femme tant ses mains sont abîmées par le travail sur la chaîne, comment une petite fille est privée de ses parents et de son enfance, comment une jeune femme renonce à penser.
L’expérience s’achève en 1974 sur un chef d’œuvre du cinéaste Bruno Muel, Avec le sang des autres, essai implacable sur le désespoir ordinaire qui s’attache à la condition ouvrière dans une société de contrôle (…)
Nicole Brenez

1967, the great strike in Besancon Rhodiaceta already announced May 68 Between occupation of factories and dramatic claims for the time, a group of filmmakers, including Chris Marker in the lead, films militant workers.

But they do not recognize themselves completely through the film and does not hesitate to say so. Chris Marker, and a number of filmmakers activists, decided to give these workers the means to speak for themselves.

Chris Marker, Jean-Luc Godard, Bruno Muel and others, and will put the equipment available to workers and train them to cinematographic techniques. Result: strong films, pamphlets sometimes violent, often brilliant and moving, produced between 1967 and 1973 under the aegis of the indefatigable and brilliant Pol Cèbe worker and librarian of the EC.

Alexander Medvedkine, still alive, is the one who created the cinema-train method was to take the train, and shoot the people encountered along the way.

« A train, a man who put the cinema  « in the hands of the people » (as we would say Medvedkine himself later), it was something to dream a half filmmaker lost in the jungle where the mundane professionalism and corporatism join to prevent the film from falling into the hands of the people. so I pretty embroidered on the theme of « drive-train » to discover, meeting Medvedkine, than anything I had invented was still very au understatement. We sometimes wonder what prompted a group of French workers, starting in this very difficult business to make movies in their hands, to choose to be baptized Groups Medvedkine. I am pleased to bring to the first time a historical answer to this important question. exactly when, recounting the drive-train to Besançon in 67, the year of the great strikes in the kitchen of Rene Berchoud with Georges, Yoyo, of Daniel, Pol, Geo and a few others, I quoted Medvedkine: we brought with us cartons already looking to insert in the movies. And there was one that we take in whole coils, because he was still serving in all films. Whoever said « COMRADES, IT CAN NOT LAST! » (Chris Marker, « The drive-Bear – Film Review – Image and Sound », No. 255, December 1971)

The junction between the world of the factory and the world of creation could take place through a combination born out of war, People and Culture. René Berchoud, convenor of the Cultural Center of the Palente Orchamps (working class suburb of Besançon), develop relationships with Chris Marker, who came especially to shoot there and show you soon, hopefully in 1967, however, as evidenced by the recorded debate the hinge in the film, the workers did not recognize themselves in the film co-written by Chris Marker and Mario Marret. Born then revolutionary idea in principle, not to speak instead of the workers but to empower them to speak for themselves. Thanks to the initiative of SLON and Chris Marker, logistical and physical support of René Gautier, Joris Ivens, Mario Marret, Jean-Luc Godard, Bruno Muel, Antoine Bonfanti, Jacques Loiseleux Michel Desrois, Nedjma Scialom Theo Robichet, Ana Ruiz and others, pamphlets as violent as brilliant are made from 1967 under the aegis of the indefatigable and brilliant Pol Cèbe worker and librarian of the works council, first by workers of ‘Rhodiaceta plant Besançon, then the Peugeot factory in Sochaux.

Include the names of some of them, they are the pride of the history of cinema: Suzanne Zedet (the heroine of class struggle), Georges Binetruy Henry Traforetti George Maurivard Christian Corouge Rene Ledigherer

Thirteen short and medium-length films, documentaries, dramas documented, were made ​​in 16mm. Class struggle (1969), the series Images of the New Company (1969-1970) and Sochaux June 11, 68 (1970) fully complete the project as defined by Bruno Muel « show what it takes to overcome cultural taboos, one could say usurp ‘to know, to have the means to compete on equal terms against those who think that everyone should stay in his place. »

We can add the letter to my friend Pol Cèbe Desrois Michel (1971), authentic revolutionary road movie, since it shows technicians Medvedkine (director Michel Desrois, the sound engineer Antoine Bonfanti and photographer José they) think freely practice their filmmakers on the route between Paris and Lille with inventiveness and energy libertarian worthy of the highlights of Charlie Mingus.

Medvedkine in movies, the simple description of the facts is for a protest, the information applies to a call, not propaganda but a permanent feeling of revolt. We see in movies Medvedkine that no industrial film was never intended to show: how the work damages the body, affects the relationships between human beings. How all of life is crisscrossed by capitalist enterprise, from birth to death. How the hopes and ambitions of change can be easily smothered or broken. How a man can no longer caress his wife as his hands are damaged by work on the chain, how a girl is deprived of her parents and her childhood, how a young woman waives think.

The experiment ended in 1974, a masterpiece of filmmaker Bruno Muel, with the blood of others, the regular test relentless despair that attaches to the working condition in a society of control (…)
Nicole Brenez, dvd of Medvekine Group.

A bientôt j’espère
43 mn

En mars 1967 à Besançon, une grève éclate aux établissements Rhodiaceta qui font partie d’une chaîne d’usines de textiles dépendant du trust Rhône-Poulenc. Cette grève a pris un aspect inhabituel par son refus de dissocier le plan culturel du plan social. Les revendications mises en avant ne concernaient plus seulement les salaires ou la sécurité de l’emploi, mais le mode de vie que la société imposait, et impose toujours à la classe ouvrière. 

In March 1967 in Besançon, a strike broke Rhodiaceta institutions that are part of a chain of textile factories dependent on trust Rhone-Poulenc. The strike took an unusual appearance by his refusal to separate the culturally and socially. The demands put forward not only concerned over salary and job security, but the way of life that society imposed, and still requires the working class.

Classe de lutte
Par le Groupe Medvekine
France, 1069, 16mm, B&W, 40 mn

Le premier film réalisé par les ouvriers du Groupe Medvedkine. Il suit la création d’une section syndicale CGT dans une usine d’horlogerie par une ouvrière dont c’est le premier travail militant en 1968. Comment Suzanne réussit à mobiliser les autres femmes de l’entreprise, malgré la méfiance des dirigeants syndicaux et les intimidations du patronat.

The first film made by workers Medvedkine Group. It follows the creation of a local union CGT in a watch factory by working with it is the first work in 1968 How activist Suzanne managed to mobilize other women in the company, despite the distrust of union leaders and intimidation of employers.

Sochaux, 11 Juin 1968
France, 1970, 16mm, B&W, 18min.
De Bruno Muel et le Groupe Medvedkine, 1970)

11 juin 1968, 22ème jour de grève à Peugeot Sochaux, 4 heures du matin. Les ouvriers de grève qui viennent relever les piquets de grève trouvent leurs camarades matraqués. En une journée, 150 blessés, 2 morts: Pierre Beylot et Henri Blanchet.

June 11, 1968, the 22nd day of strike Peugeot Sochaux 4am. Workers strike coming up pickets are clubbed their comrades. In one day, 150 injured, 2 dead: Pierre Henri Beylot and Blanchet.

Avec le sang des autres
France, 1974, 16mm, B&W 50min.
Groupe Medvedkine de Sochaux, Bruno Muel (1974)

« Fin du parcours des groupes Medvedkine à Sochaux. Film sur l’oppression, la violence imposée et subie, le travail à la chaîne et l’usure rapide qu’il produit dans les corps et les cerveaux. L’échappée culturelle des jeunes ouvriers de Week-end à Sochaux a été rattrapée et avalée par l’ordre des choses. »
Bruno Muel

« C’est pas simple de décrire une chaîne… Ce qui est dur en fin de compte, c’est d’avoir un métier dans les mains. Moi, je vois, je suis ajusteur, j’ai fait trois ans d’ajustage, pendant trois ans j’ai été premier à l’école… Et puis, qu’est-ce que j’en ai fait ? Au bout de cinq ans, je peux plus me servir de mes mains, j’ai mal aux mains. J’ai un doigt, le gros, j’ai du mal à le bouger, j’ai du mal à toucher Dominique le soir. Ca me fait mal aux mains. La gamine, quand je la change, je peux pas lui dégrafer ses boutons. Tu sais, t’as envie de pleurer dans ces coups-là. Ils ont bouffé tes mains. J’ai envie de faire un tas de choses et puis, je me vois maintenant avec un marteau, je sais à peine m’en servir. C’est tout ça, tu comprends. T’as du mal à écrire, j’ai du mal à écrire, j’ai de plus en plus de mal à m’exprimer. Ça aussi, c’est la chaîne…»
Christian Corouge dans Avec le sang des autres.

« End of route groups Medvedkine Sochaux. Film about oppression, violence imposed and the line work and the rapid wear that occurs in the body and brain. Cultural escaped youth workers Weekend Sochaux was caught and swallowed by the order of things. « Bruno Muel

« It’s not easy to describe a string … What is hard in the end, is to have a job in hand. I see I’m fitter, I did three years of adjustment, for three years I was the first in school … And what do I do? After five years, I can most use my hands, it hurts my hands. I have a finger, big, I find it hard to move, I’m struggling to hit Dominique night. It hurts my hands. The girl, when I change, I can not undo her buttons. You know you wanna cry in these shots there. They ate your hands. I want to do a bunch of things and then I see now with a hammer, I hardly know how to use it. It’s everything, you know. You have trouble writing, I have trouble writing, I more and more difficult to express myself. That, too, is the string … « Christian Corouge Avec le sang des autres.

LIENS

Slon Iskra
http://www.iskra.fr/front_office/iskra_home.php

Une fameuse gorgée de poison
http://fromafog.blogspot.fr/2009/11/collectif-medvedkine-sochaux.html

CINEMA MILITANT

http://cinemamilitant.hautetfort.com/index-thematique.html

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

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